Le premier pistolet à balles réelles créé avec une imprimante 3D


Un jeune américain a créé le « Liberator », un pistolet tout en plastique capable de tirer des balles de 9mm.

Il l’a fait. En moins d’un an de travail, Cody R. Wilson, un Américain de 25 ans, étudiant en droit à l’Université du Texas, a créé le premier pistolet complètement imprimé en 3D capable de tirer des balles de 9mm. Il a, par 2 fois, montré en vidéo la réalité de la chose.


Tir d’essai (le 2 mai 2013)




Tir avec le pistolet en mains (le 4 mai 2013)




En l’espace d’un an, Cody est sorti de l’anonymat en devenant l’un des acteurs de l’impression 3D les plus controversé. L’étudiant, se revendiquant anarchiste, a même été classé par le site Wired comme le 14 homme le plus dangereux de la planète aux côtés de Mohamed Morsi ou encore Bachar El-Assad.


L’année dernière, il a fondé Defense Distributed, une organisation à but non lucratif visant à mettre à disposition du grand public des modèles d’armes imprimables en 3D.

Vous pouvez télécharger sur le site defcad.org des modèles 3D de pièces d’armes à feu dont le Liberator, ce fameux pistolet fait de plastique

. [Mise à jour : le département d'Etat américain de la Défense a demandé le retrait des fichiers des serveurs de Defense Distributed]


Il faut savoir que Cody n’en est pas à son coup d’essai, il avait montré ces derniers mois qu’il pouvait utiliser un fusil d’assaut composé de plusieurs pièces plastiques imprimées en 3D.

Mais aujourd’hui, une véritable étape est franchie. On ne se demande plus quelles parties de l’arme sont imprimées mais bien lesquelles ne le sont pas. A l’aide d’une Dimension-SST (imprimante 3D de Stratasys) achetée sur eBay, son pistolet, le « Liberator », a été entièrement imprimé en 3D excepté un clou utilisé comme percuteur.


De nombreux détracteurs avançaient qu’il n’était pas possible d’utiliser un canon en plastique, que celui-ci volerait en éclat ou fondrait sous la pression et la chaleur. Pourtant Cody, grâce à un procédé spécifique, a réussi ce tour de force. Il parvient à produire des canons plastiques résistants et dont la surface lisse permet de minimiser la friction avec la balle.
Un homage à une arme historique

Par sa forme et son fonctionnement, le « Liberator » est inspiré de l’arme à feu éponyme produite par les États-Unis pendant la seconde guerre mondiale. Elle était extrêmement rapide et peu coûteuse à produire et devait être parachutée en grande quantité dans les pays européens occupés par le régime allemand. Ainsi, cette arme, qui ne pouvait tirer qu’un coup, était utilisée par les résistants afin de blesser ou tuer un ennemi pour récupérer son arme. Ses performances ne permettait donc pas d’en faire une arme de combat mais avait plutôt un rôle de menace.

On retrouve dans le projet de Cody la philosophie historique de cette arme : une production massive (ici par la mise à disposition des modèles pour tous) et une arme simple de fabrication (ici grâce à une imprimante 3D plastique).

Le Liberator en plastique ne peut, lui aussi, que tirer une balle, mais l’arme étant composée de plusieurs pièces en plastique indépendantes, il est possible de changer le canon rapidement pour pouvoir tirer de nouveau.
Légal ou illégal ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, tout ce que fait Defense Distributed est légal. C’est d’ailleurs la stratégie de Cody. Tout d’abord, il ne fait pas un commerce de ses armes mais il distribue gratuitement ses modèles. D’autre part, il a obtenu en mars dernier une autorisation fédérale de production d’armes à feu. Enfin, il a ajouté du métal dans son Liberator afin de respecter le Undetectable Firearms Act qui interdit notamment la production d’armes à feu non détectables aux rayons-X ou au détecteur de métaux.

De ses aveux, le but de Cody est de prouver qu’« il est possible d’imprimer un objet létal. C’est un peu effrayant, mais c’est ce que nous souhaitons montrer ».

En plein débat sur un contrôle plus strict des armes aux États-Unis, l’avancée des armes imprimées en 3D fait du bruit. Le contrôle deviendrait inefficace si, demain, chacun était capable de produire un pistolet dans sa maison. D’autre part, l’interdiction pure et simple de produire des armes imprimées en 3D serait complexe à mettre en place et certainement très impopulaire.

Ce débat montre aujourd’hui à quel point l’impression 3D est capable de bouleverser une industrie et comment elle peut bousculer l’ordre établi. Nous sommes donc au début d’un long débat qu’il va être intéressant de suivre.
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